Premiers signes d’une reconnaissance de son intérêt potentiel, l'acupuncture commence à être pratiquée dans certains hôpitaux français. En témoigne la «Deuxième journée d’études sur la médecine chinoise en milieu hospitalo-universitaire» organisée par l’AP-HP, le 16 septembre dernier, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.
Partant du constat que les patients ont de plus en plus recours à des traitements alternatifs comme l'acupuncture hors de l'hôpital, l'AP-HP s'est adaptée. Dès février 2009, elle a signé un accord avec des partenaires de Hong-Kong pour introduire la médecine chinoise dans les hôpitaux publics parisiens. Un petit nombre de médecins se sont formés à ces techniques.
« Cette médecine est utilisée en complément et non à la place de la médecine occidentale », explique le Pr Alain Baumelou, néphrologue à l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, chargé d'un Centre intégré de médecine chinoise. L’AP-HP y a surtout recours contre les douleurs chroniques, pour limiter le recours aux médicaments (anticancéreux notamment), ou lors d’impasses thérapeutiques. Mais selon le Pr Baumelou, elle reste « un traitement d'appoint », qui « ne concerne qu'une centaine de patients par an à la Pitié-Salpêtrière ».
Une efficacité contre les TMS du personnel de l’AP-HP
Plusieurs expériences prometteuses ont été présentées le 16 septembre. Parmi elles : une étude menée sur la place de l’acupuncture chez les agents du personnel de l’AP-HP pour lutter contre les troubles musculo-squelettiques, première cause de maladie professionnelle à l’AP-HP. Au total, 128 agents volontaires (dont 69% de personnel soignant) souffrant de lomboradiculalgies (84), de scapulalgies (35) ou d’épicondylites (9), avec une EVA moyenne de 5/10, ont été recrutés dans trois hôpitaux : Beaujon, Paul Brousse et La Pitié. Les premiers résultats ont été qualifiés de « très encourageants » par le Dr Annie Felten (Hôpital Saint-Louis). « Nous avons obtenu une observance d’au moins 5 séances d’acupuncture chez 80% des patients, et un soulagement significatif des douleurs des lomboradiculalgies et des scapulalgies. Plus de 50% des patients ont reconnu une amélioration de leur pathologie, et 67% ont témoigné d’une grande satisfaction vis-à-vis de cette prise en charge. »
Regrettant toutefois que la médecine chinoise reste « décriée par certains confrères », le Pr Baumelou admet que « seule une véritable évaluation de son efficacité lui conférera toute sa légitimité », même si dans certaines spécialités comme la cancérologie, elle est mieux acceptée. Et de conclure : « La médecine chinoise existe dans les hôpitaux français, mais elle n'est pas reconnue. Elle doit être labellisée et coordonnée ». Dans cette optique, un comité d’orientation a été mis en place. Il devrait émettre des propositions sur la place de l’acupuncture à l’AP-HP d’ici fin 2011.
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