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Le cancer du sein est augmenté en cas de travail nocturne

publié le : 19 juin 2012

Le cancer du sein est augmenté en cas de travail nocturne


  Le cancer du sein est augmenté d’environ 30% chez les femmes ayant travaillé de nuit. C’est ce que montre une étude de l’Inserm, publiée dans l'International Journal of Cancer.

  Cette étude française, l’étude CECILE, a comparé le parcours professionnel de 1 200 femmes ayant développé un cancer du sein entre 2005 et 2008 à celui de 1 300 autres femmes.

Première cause de mortalité par cancer chez les femmes, le cancer du sein touche une nouvelle femme sur 1 000 par an dans les pays développés. Chaque année, plus de 1,3 million de nouveaux cas sont diagnostiqués, dont 53 000 en France.

  Les facteurs de risque de cancer du sein sont variés : mutations génétiques, âge tardif à la première grossesse, faible parité ou encore traitements hormonaux. Toutefois les facteurs liés au style de vie, les causes environnementales ou professionnelles du cancer du sein ne sont pas complètement identifiés.

  En 2010, sur la base de travaux expérimentaux et épidémiologiques, le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) a classé le travail entraînant des perturbations du rythme circadien comme « probablement cancérigène ». Le rythme circadien régule en effet de très nombreuses fonctions biologiques. Il est altéré chez les personnes travaillant la nuit ou avec des horaires décalés.

  Les chercheurs de l’Inserm ont évalué l’impact du travail de nuit sur la santé des femmes dans une vaste étude de population française entre 2005 et 2008. Ils ont examiné le parcours professionnel (incluant chaque période de travail de nuit) de 3000 femmes. Au total, plus de 11 % des femmes avaient travaillé de nuit à un moment quelconque de leur carrière.

  Le risque de cancer du sein était augmenté d’environ 30 % chez les femmes ayant travaillé de nuit par rapport aux autres femmes. Cette augmentation du risque était particulièrement marquée chez les femmes ayant travaillé de nuit pendant plus de 4 ans, ou chez celles dont le rythme de travail était de moins de 3 nuits par semaine, impliquant des décalages de phase plus fréquents entre le rythme de jour et le rythme de nuit.

  Cette association entre travail de nuit et cancer du sein semblait plus marquée lorsque le travail de nuit était effectué avant la première grossesse. Ce résultat pourrait être expliqué par une plus grande vulnérabilité des cellules mammaires incomplètement différenciées chez la femme avant le premier accouchement.

  « Nos travaux confortent les résultats d'études antérieures et posent le problème de la prise en compte du travail de nuit dans une optique de santé publique, d'autant que le nombre de femmes travaillant avec des horaires atypiques est en augmentation », rappelle Pascal Guénel, principal auteur.

  Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cette association entre travail de nuit et cancer du sein : l’exposition à la lumière durant la nuit, qui supprime le pic nocturne de mélatonine et ses effets anti-cancérigènes ; la perturbation du fonctionnement des gènes de l’horloge biologique qui contrôlent la prolifération cellulaire ; ou encore les troubles du sommeil pouvant affaiblir le système immunitaire.


La rédaction

Impact Santé 20/06/2012


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